Ces quelques lignes traitent du développement conceptuel d’une projection de l’avenir de la Terre à 10 000 ans, voire plus.
Il semble y avoir aujourd’hui un manque réel de représentation d’un avenir à long terme que les religions, les systèmes ou les dogmes peinent à combler.
Il est toutefois à noter que les textes sacrés des Védas proposent une vision originale de la perception et de l’étalonnage du temps et de l’espace.
L’équivalence de cent années de Brahma peut paraître longue à un scientifique occidental, pour lequel l’origine de l’Univers remonte à environ 13 milliards d’années.
Il ne s’agit probablement pas, en plus, d’années-lumière !
En effet, qui réalise aujourd’hui ce que seront la gestion et l’économie des ressources nécessaires à une bonne qualité de vie, dans plusieurs milliers d’années, pour une majorité de nos populations : celles de l’eau, de l’air et de la surface des terres, ainsi que celles des ressources souterraines solides, liquides ou gazeuses du manteau, des flux de magma et de lave, et des matériaux constituant le noyau de la planète ?
Le noyau de la Terre est une source précieuse d’énergie et de chaleur, très peu exploitée par l’homme aujourd’hui.
Qui réalise aujourd’hui quelle sera l’évolution des espèces et leur régulation, qu’il s’agisse de l’espèce humaine, des espèces animales ou des végétaux, sur une période de plus de quelques siècles ?
Quel chercheur, quel organisme international se soucie aujourd’hui de ce que sera la planète Terre dans 10 000 ans ?
Au mieux, on entrevoit des espèces vivantes disparues ou en cours de disparition, des déserts sans eau et des territoires irrémédiablement pollués et irrespirables, où l’air se sera lentement raréfié et dégradé avant de disparaître complètement.
Les plus clairvoyants tentent d’alerter les élites et les masses sur les problèmes actuels de pollution, de réchauffement climatique et de risques liés à l’entreposage des déchets radioactifs provenant de l’industrie nucléaire.
De minces résultats sont obtenus en ce sens, à grands renforts de congrès internationaux et de ratifications de protocoles.
Mais, la plupart du temps, ces résultats sont considérés comme insuffisants par ceux-là mêmes qui les ont obtenus et sont peu respectés par les acteurs clés des systèmes politiques et économiques.
Quand on parle des acteurs clés, il s’agit notamment des multinationales engagées dans la prospection, l’extraction et la gestion des hydrocarbures ou de l’uranium.
Il s’agit également des hommes politiques dépendants de ces mêmes multinationales pour se hisser au sommet du pouvoir, y demeurer et y prospérer.
Il s’agit enfin des grands établissements financiers, pour lesquels la seule règle est de survivre à n’importe quel prix face à une concurrence féroce, sauvage, déloyale et impitoyable.
Malheureusement pour l’avenir de l’humanité, l’homme, qui vit rarement plus longtemps qu’une centaine d’années, n’est guère clairvoyant et manque de précision dès qu’il doit évaluer des phénomènes qui s’étendent sur plus d’un ou deux millénaires, que ce soit dans le passé ou dans l’avenir.
Qui se souvient aujourd’hui de l’identité des peintres rupestres de Lascaux ?
Les plus grands spécialistes se contentent généralement d’un flou artistique consensuel, d’un ordre de grandeur de quelques milliards d’années, pour évaluer des phénomènes essentiels comme la naissance de l’Univers, celle de notre galaxie, celle de notre système solaire ou même celle de notre planète.
Rares sont ceux qui s’aventurent aujourd’hui à dater l’instant précis où le dernier atome de ce qui aura été notre planète disparaîtra sous sa forme atomique dans l’immensité cosmique de l’espace et du temps.
Il en va de même pour l’évaluation des dates précises de l’extinction puis de la disparition de notre Soleil.
Il en va de même, une fois encore, pour la disparition de notre galaxie.
Ces valeurs sidérales, dont la disparition sous leurs formes actuelles est inéluctable, semblent vouées à l’éternité aux yeux de nos plus grands penseurs, philosophes, mathématiciens et physiciens.
L’immanence de la mort de l’être, de chaque être, ainsi que l’importance de la réalisation d’une vie conforme aux aspirations et aux multiples valeurs qui conduisent un être humain de sa naissance à sa dernière extrémité, voilent le plus souvent d’autres considérations.
Il en va ainsi de la notion d’un infini, infiniment plus long ou plus court, mais quantifié ou étalonné, qui semble beaucoup plus important que le lointain devenir de l’homme et de son environnement.
Il est possible qu’une intelligence électronique, quantique ou autre traite ce type de problématique dans un avenir proche ou lointain, en apportant des réponses satisfaisantes et précises à ces questionnements légitimes.
Mais aujourd’hui, il semble être encore un peu tôt pour obtenir des réponses précises, quantifiables, intelligibles et justes.
Je laisse au lecteur imaginer ce que pourrait représenter un Soleil complètement éteint ou, plus tard encore, un Soleil purement et simplement disparu de notre Univers…
TD, 9 février 2020
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